Qu'est-ce que LMMS ?

LMMS est un logiciel de création musicale gratuit et open source.

Son environnement permet notamment de composer des morceaux à partir de :

  • rythmes ;
  • samples ;
  • instruments virtuels ;
  • synthétiseurs ;
  • données MIDI ;
  • automations ;
  • effets audio.

Le projet est disponible pour Windows, macOS et Linux.

LMMS constitue ainsi une solution intéressante pour une personne qui souhaite découvrir la production musicale sans commencer par l'achat d'une licence commerciale.

Que signifie LMMS ?

Le projet était historiquement connu sous le nom de Linux MultiMedia Studio.

Il est aujourd'hui présenté simplement sous le nom LMMS.

Le logiciel n'est d'ailleurs plus limité à Linux puisqu'il existe également pour Windows et macOS.

Son objectif est de fournir un environnement de composition musicale accessible et extensible.

Un logiciel gratuit et open source

La gratuité de LMMS constitue évidemment l'un de ses principaux avantages.

Mais il faut distinguer deux notions.

Gratuit signifie que l'utilisateur peut obtenir le logiciel sans acheter une licence commerciale classique.

Open source signifie que le code source du projet est accessible selon les conditions de sa licence.

Cela permet à une communauté de développeurs et de contributeurs de participer à son évolution.

Pour un musicien, cela signifie surtout qu'il est possible de commencer à produire sans investissement logiciel initial.

Que peut-on créer avec LMMS ?

LMMS est particulièrement adapté à la création musicale basée sur des séquences, instruments virtuels et samples.

Il peut être utilisé pour produire notamment :

  • musique électronique ;
  • techno ;
  • house ;
  • hip-hop ;
  • trap ;
  • ambient ;
  • musique expérimentale ;
  • beats ;
  • compositions instrumentales numériques.

Le style final dépend beaucoup plus du producteur, des sons et des techniques utilisés que du logiciel lui-même.

Comprendre l'interface

Comme de nombreux logiciels de production musicale, LMMS divise le travail entre plusieurs outils.

Parmi les éléments importants figurent notamment :

Song Editor

Pour construire l'arrangement général.

Beat+Bassline Editor

Pour créer des patterns rythmiques et répétitifs.

Piano Roll

Pour programmer les notes.

FX Mixer

Pour gérer les niveaux, le routage et les effets.

Automation Editor

Pour faire évoluer certains paramètres dans le temps.

Comprendre ces quelques espaces suffit déjà pour commencer à créer un premier projet.

Le Song Editor

Le Song Editor est l'endroit où l'on organise le morceau.

Il fonctionne autour d'une timeline.

Les différentes pistes sont placées verticalement tandis que le temps progresse horizontalement.

On peut ainsi construire une structure :

Intro

Partie A

Transition

Partie B

Break

Reprise

Outro

Le Song Editor permet de placer les différents éléments créés dans le projet afin de transformer quelques boucles en morceau complet.

Le Beat+Bassline Editor

Le Beat+Bassline Editor est particulièrement intéressant pour la création de rythmes et de patterns répétitifs.

On peut par exemple y charger :

  • un kick ;
  • une snare ;
  • un clap ;
  • un hi-hat ;
  • une percussion.

Les différents pas permettent ensuite de programmer le rythme.

Un beat simple peut être construit très rapidement.

On peut ensuite créer plusieurs variations afin d'éviter qu'une même boucle soit répétée sans changement pendant tout le morceau.

Construire son premier beat

Pour comprendre le principe, commençons avec trois éléments :

Kick

Il constitue une partie importante de l'impact rythmique.

Snare ou Clap

Il contribue à structurer le rythme.

Hi-Hat

Il peut apporter une subdivision et davantage de mouvement.

On programme quelques pas puis on lance la lecture.

Le résultat peut être modifié immédiatement.

Cette méthode est idéale pour découvrir la programmation rythmique.

Ajouter une basse

Une fois la batterie créée, une ligne de basse peut être ajoutée.

On choisit un instrument puis on programme les notes dans le Piano Roll.

Pour commencer, quelques notes suffisent.

La basse doit surtout fonctionner avec le rythme.

Il est donc préférable d'écouter régulièrement kick et basse ensemble.

Une ligne très complexe n'est pas nécessairement meilleure qu'une ligne simple et efficace.

Le Piano Roll

Le Piano Roll permet de composer des séquences de notes.

Comme dans de nombreux DAW, le temps progresse horizontalement tandis que les hauteurs de notes sont organisées verticalement.

On peut utiliser cet outil pour créer :

  • une basse ;
  • une mélodie ;
  • des accords ;
  • un arpège ;
  • une séquence de synthétiseur.

Les notes peuvent être déplacées, allongées, raccourcies ou supprimées.

Cette approche permet de composer même lorsqu'on ne possède pas de clavier MIDI.

Composer sans savoir jouer du piano

Un avantage de la MAO est qu'il n'est pas indispensable de maîtriser immédiatement un instrument physique.

Les notes peuvent être dessinées dans le Piano Roll.

Cela permet d'expérimenter progressivement.

On peut écouter une note, la déplacer puis comparer le résultat.

Cette méthode ne remplace pas l'apprentissage musical, mais elle permet de commencer à comprendre concrètement les relations entre rythme, notes et harmonie.

Utiliser un clavier MIDI

Un clavier MIDI peut également être utilisé avec LMMS.

Il permet de contrôler les instruments virtuels depuis de véritables touches.

Le principe est :

Clavier MIDI → LMMS → instrument virtuel → son

Le clavier n'envoie généralement pas directement le son.

Il envoie des informations permettant au logiciel de déterminer quelles notes doivent être jouées.

Ces données peuvent ensuite être utilisées par les instruments du projet.

Les instruments intégrés

LMMS propose plusieurs instruments et synthétiseurs permettant de commencer sans installer immédiatement des logiciels supplémentaires.

Selon la version et la configuration, l'environnement peut proposer différents générateurs sonores adaptés à plusieurs types de créations.

On peut notamment rencontrer des outils destinés à :

  • la synthèse ;
  • la basse ;
  • la création de leads ;
  • les sons électroniques ;
  • les textures ;
  • les percussions.

L'intérêt pédagogique est important.

Un débutant peut apprendre les principes d'un synthétiseur avant de chercher des instruments beaucoup plus complexes.

TripleOscillator

Parmi les instruments connus de LMMS figure TripleOscillator.

Comme son nom l'indique, il repose sur plusieurs oscillateurs.

Un oscillateur constitue l'une des briques fondamentales de nombreux synthétiseurs.

Il génère une forme d'onde.

En combinant plusieurs oscillateurs, il devient possible de créer des sons beaucoup plus riches.

Ce type d'instrument est intéressant pour apprendre les bases du sound design.

ZynAddSubFX

LMMS a également historiquement intégré ou permis l'utilisation d'outils de synthèse comme ZynAddSubFX selon les versions et environnements.

Ces synthétiseurs offrent des possibilités sonores beaucoup plus importantes qu'un simple générateur de base.

Ils permettent d'explorer :

  • pads ;
  • leads ;
  • basses ;
  • textures ;
  • sons expérimentaux.

La disponibilité exacte des instruments peut évoluer selon les versions. Il est donc conseillé de vérifier la documentation officielle de la version installée.

Utiliser des samples

Un sample est un fichier audio pouvant être intégré dans une production.

Il peut s'agir par exemple :

  • d'un kick ;
  • d'une snare ;
  • d'un hi-hat ;
  • d'un effet ;
  • d'une voix ;
  • d'une texture sonore.

LMMS permet de travailler avec des échantillons audio afin de construire ses propres kits et séquences.

Il faut naturellement disposer des droits nécessaires pour utiliser et distribuer les samples intégrés à une production.

Construire sa bibliothèque de sons

Avec le temps, un producteur accumule de nombreux samples.

Il devient alors essentiel de les organiser.

Une structure simple peut être :

Drums

→ Kicks
→ Snares
→ Claps
→ Hats
→ Percussions

FX

→ Risers
→ Impacts
→ Atmospheres

Vocals

Loops

Une bibliothèque bien organisée permet de gagner énormément de temps pendant la création.

Les SoundFont

LMMS peut également travailler avec des banques basées sur le format SoundFont à travers les outils compatibles proposés par l'environnement.

Une SoundFont peut regrouper différents sons ou instruments échantillonnés.

Elle peut notamment être utilisée pour accéder à certains types de :

  • pianos ;
  • cordes ;
  • basses ;
  • batteries ;
  • instruments acoustiques.

La qualité dépend naturellement de la banque utilisée.

Les plugins

LMMS peut être complété par différentes technologies de plugins selon le système et la version utilisée.

Sur certaines configurations, il est notamment possible d'utiliser des plugins VST.

Cette possibilité permet d'élargir considérablement les instruments et effets disponibles.

Il faut cependant vérifier la compatibilité entre :

  • la version de LMMS ;
  • le système d'exploitation ;
  • l'architecture du plugin ;
  • le format utilisé.

Tous les plugins conçus pour un autre DAW ne fonctionneront pas nécessairement de manière identique.

Le FX Mixer

Le FX Mixer permet de gérer différentes chaînes de traitement et d'organiser le mixage.

Les instruments peuvent être dirigés vers différents canaux.

On peut alors travailler séparément sur :

  • la batterie ;
  • la basse ;
  • les synthétiseurs ;
  • les effets ;
  • d'autres familles sonores.

Le Mixer permet notamment d'équilibrer les niveaux et d'appliquer des traitements.

Commencer par les volumes

Une erreur fréquente consiste à ajouter immédiatement beaucoup d'effets.

Pourtant, un bon mixage commence souvent par quelque chose de beaucoup plus simple :

le volume.

Il faut vérifier que les différents éléments sont correctement équilibrés.

Le kick ne doit pas nécessairement écraser tout le reste.

La basse doit rester audible.

La mélodie doit trouver sa place.

Une fois cet équilibre obtenu, les effets deviennent beaucoup plus faciles à utiliser intelligemment.

Les effets

LMMS propose différents traitements audio et peut également être complété selon la configuration utilisée.

On peut rencontrer des effets appartenant à des familles comme :

  • égalisation ;
  • compression ;
  • reverb ;
  • delay ;
  • distorsion ;
  • filtrage.

Chaque effet doit avoir une fonction.

Ajouter un traitement uniquement parce qu'il existe ne garantit pas une amélioration.

L'égalisation

L'égaliseur permet de travailler sur différentes zones du spectre.

Une production contient généralement des graves, médiums et aigus provenant de plusieurs instruments.

Lorsque trop d'éléments occupent exactement les mêmes zones, le mixage peut devenir confus.

L'EQ permet alors d'effectuer certains ajustements.

Mais l'égalisation ne remplace pas le choix de sons compatibles entre eux.

Reverb et delay

La reverb permet de créer une sensation d'espace.

Le delay génère des répétitions du signal.

Ces effets peuvent transformer une mélodie très simple.

Un synthétiseur sec peut devenir beaucoup plus large et atmosphérique avec quelques traitements.

Il faut cependant rester prudent : trop de reverb peut rapidement rendre une production difficile à comprendre.

L'Automation Editor

L'Automation Editor permet de faire évoluer des paramètres pendant le morceau.

On peut par exemple créer une courbe qui contrôle progressivement un réglage.

Une automation peut servir à modifier :

  • le volume ;
  • un filtre ;
  • un effet ;
  • certains paramètres d'instrument.

Cette technique est particulièrement importante dans la musique électronique.

Un son peut évoluer pendant plusieurs mesures plutôt que rester identique.

Créer une montée

Prenons un exemple simple.

Un synthétiseur joue pendant huit mesures.

On souhaite préparer une transition.

On peut automatiser progressivement un filtre.

Au début, le son est relativement fermé.

Puis il devient de plus en plus brillant.

À la fin des huit mesures, le morceau bascule vers une nouvelle partie.

L'automation devient ici un véritable outil de composition.

Les patterns

Les patterns permettent de réutiliser des idées musicales.

Une batterie peut être répétée.

Une basse peut revenir plusieurs fois.

Une mélodie peut apparaître uniquement dans certaines sections.

Cette méthode accélère énormément la création.

Mais il faut éviter que tout le morceau soit constitué d'une seule boucle identique.

Les variations sont essentielles.

Transformer une boucle en morceau

Imaginons une boucle contenant :

Kick + Snare + Hi-Hat + Bass + Synth

Elle fonctionne parfaitement pendant huit mesures.

Pour créer un morceau, on peut ensuite produire plusieurs variations.

Introduction

Synth uniquement.

Partie principale

Tous les instruments.

Break

Retrait du kick et de la basse.

Montée

Automation du synthétiseur.

Reprise

Retour de toute la batterie.

Outro

Retrait progressif des éléments.

Une seule boucle peut ainsi devenir la base d'une structure complète.

Sauvegarder son projet

Comme dans tous les logiciels de production, il est important de sauvegarder régulièrement.

Un projet musical peut représenter de nombreuses heures de travail.

Il est utile de conserver différentes versions :

track-v01

track-v02

track-v03

Une modification importante peut alors être annulée en revenant à une ancienne version.

Pour les projets importants, une sauvegarde sur un autre support reste également recommandée.

Exporter sa musique

Une fois le morceau terminé, il faut transformer le projet en fichier audio.

LMMS propose des fonctions d'export permettant de produire différents formats selon la version utilisée.

Parmi les formats couramment proposés figurent notamment WAV et OGG.

D'autres possibilités peuvent être disponibles selon la version et les bibliothèques utilisées.

Le choix du format dépend de l'utilisation prévue.

Conserver une version de qualité

Lorsqu'un morceau est terminé, il est utile de conserver une version de haute qualité.

Cette version peut servir :

  • d'archive ;
  • de source pour une conversion ;
  • de fichier destiné à une autre étape de production ;
  • de base pour créer plusieurs formats de diffusion.

Il vaut mieux convertir un fichier de bonne qualité vers un format compressé que de devoir repartir d'une version déjà fortement compressée.

LMMS peut-il remplacer FL Studio ?

La réponse dépend du besoin.

Les deux logiciels permettent de travailler avec des patterns, des instruments et un Piano Roll, mais ils ne proposent pas exactement le même environnement ni le même écosystème.

FL Studio est un produit commercial disposant d'un développement, d'une documentation et d'un ensemble d'outils propres à Image-Line.

LMMS est un projet gratuit et open source.

Pour découvrir la composition musicale et comprendre les bases de la MAO, LMMS peut parfaitement constituer une solution de départ.

Pour des besoins très spécifiques, il faudra comparer les fonctionnalités réellement nécessaires.

LMMS ou Audacity ?

Ces deux logiciels gratuits répondent à des besoins différents.

Audacity est particulièrement pratique pour enregistrer et éditer directement des fichiers audio.

LMMS est davantage orienté vers la composition à partir de séquences, instruments virtuels, MIDI et patterns.

Pour créer un beat électronique, LMMS sera généralement beaucoup plus adapté.

Pour nettoyer rapidement une interview ou couper un enregistrement, Audacity sera souvent plus direct.

Les deux logiciels peuvent donc être complémentaires.

Les avantages de LMMS

LMMS possède plusieurs qualités intéressantes :

  • gratuit ;
  • open source ;
  • multiplateforme ;
  • adapté à la composition ;
  • Piano Roll ;
  • éditeur de rythmes ;
  • instruments virtuels ;
  • automation ;
  • mixer ;
  • possibilité d'étendre l'environnement.

Il constitue surtout une excellente manière de découvrir les concepts de la production musicale sans investissement initial.

Les limites à prendre en compte

Un logiciel gratuit n'est pas nécessairement adapté à tous les projets.

Avant de choisir définitivement LMMS, il faut vérifier que ses possibilités correspondent au workflow souhaité.

Les besoins peuvent être très différents pour :

  • un beatmaker ;
  • un chanteur ;
  • un groupe enregistré en multipiste ;
  • un compositeur ;
  • un ingénieur du son ;
  • un artiste live.

Il faut également vérifier la compatibilité des plugins et équipements que l'on souhaite utiliser.

Le meilleur logiciel reste celui qui correspond réellement au projet.

Un workflow LMMS simple pour débuter

Pour réaliser un premier morceau :

1. Créer un nouveau projet

Sauvegarder immédiatement le fichier.

2. Choisir le tempo

Définir la vitesse générale.

3. Créer une batterie

Utiliser le Beat+Bassline Editor.

4. Ajouter une basse

Programmer quelques notes dans le Piano Roll.

5. Ajouter une mélodie

Choisir un instrument et créer une séquence.

6. Créer des variations

Modifier les patterns.

7. Construire l'arrangement

Utiliser le Song Editor.

8. Ajouter des automations

Faire évoluer certains paramètres.

9. Organiser le Mixer

Séparer les principaux éléments.

10. Régler les volumes

Créer un premier équilibre.

11. Ajouter quelques effets

Uniquement lorsqu'ils apportent quelque chose au morceau.

12. Exporter

Créer le fichier audio final.

Avec ces douze étapes, il est déjà possible de comprendre une grande partie de la logique de LMMS.

Apprendre la MAO sans commencer par acheter

Le principal intérêt de LMMS est peut-être simplement celui-ci : permettre de commencer.

Un débutant peut découvrir gratuitement :

le rythme

le MIDI

les patterns

le Piano Roll

les synthétiseurs

le mixage

l'automation

l'arrangement

Ces notions ne sont pas propres à LMMS.

Elles seront utiles dans presque tous les environnements de production musicale.

Passer ensuite vers FL Studio, Ableton Live, REAPER ou un autre DAW sera beaucoup plus facile lorsque ces concepts sont déjà compris.

Un véritable laboratoire musical gratuit

LMMS permet de transformer un ordinateur en environnement de création musicale sans investissement logiciel initial.

On peut y programmer une batterie, créer une basse, composer une mélodie, expérimenter avec des synthétiseurs puis construire un morceau complet.

Son intérêt dépasse donc la simple gratuité.

Il permet d'apprendre comment une production est construite.

Une idée devient un pattern.

Les patterns deviennent un arrangement.

Les instruments passent dans le mixer.

Les paramètres évoluent grâce aux automations.

Puis le projet devient un fichier audio.

C'est précisément cette chaîne de création qui constitue le cœur de la musique assistée par ordinateur.

Sources officielles

LMMS — site officiel · Documentation LMMS · Projet LMMS sur GitHub.