Qu'est-ce que WaveLab ?
WaveLab est un environnement audio développé par Steinberg.
Il est principalement orienté vers :
- édition audio ;
- mastering ;
- analyse ;
- restauration ;
- traitement de fichiers ;
- Audio Montage ;
- préparation d'albums ;
- métadonnées ;
- conversion ;
- rendu ;
- traitements par lots ;
- préparation de masters.
Il peut donc compléter un logiciel de production musicale traditionnel.
Le DAW construit le morceau, WaveLab prépare le master
Un workflow musical peut être représenté simplement :
Composition
↓
Enregistrement
↓
Arrangement
↓
Mixage
↓
Mastering
↓
Distribution
Cubase, Logic Pro, Ableton Live, REAPER ou d'autres DAW peuvent couvrir une grande partie de cette chaîne.
WaveLab est particulièrement spécialisé dans les dernières étapes.
Qu'est-ce que le mastering ?
Le mastering est l'étape située entre le mixage et la distribution.
Le mixage travaille sur les différentes pistes d'un morceau :
- voix ;
- kick ;
- basse ;
- guitare ;
- synthétiseurs ;
- effets.
Le mastering travaille généralement sur le mix final ou sur un nombre limité de stems.
Son objectif est de préparer un master cohérent pour sa destination.
Le fichier de mixage
Avant de commencer un mastering, on exporte généralement le mix depuis le DAW.
Par exemple :
MonTitre_Mix.wav
Ce fichier devient la matière de départ du mastering.
Il est préférable d'éviter une conversion destructive inutile avant cette étape.
Pourquoi utiliser WAV ?
Le WAV est couramment utilisé pour transporter un mix non compressé PCM entre le mixage et le mastering.
Cela évite d'introduire immédiatement la compression avec pertes d'un format comme le MP3.
Le MP3 peut ensuite être créé comme format de distribution ou d'écoute lorsque cela est nécessaire.
Conserver de la marge
Le mix destiné au mastering ne doit pas nécessairement atteindre le niveau maximal possible.
Il est utile de conserver une marge et surtout d'éviter le clipping.
Le mastering n'est pas destiné à réparer automatiquement un mix complètement saturé.
Audio Editor
WaveLab possède un environnement consacré à l'édition des fichiers audio.
Une forme d'onde permet d'observer précisément le fichier.
On peut effectuer différentes opérations :
- sélectionner ;
- couper ;
- corriger ;
- traiter ;
- analyser ;
- convertir ;
- rendre.
Cette approche est particulièrement pratique lorsqu'on travaille directement sur un master stéréo.
Lire une forme d'onde
La forme d'onde donne une représentation de l'amplitude dans le temps.
Elle permet de repérer rapidement :
- silences ;
- attaques ;
- passages forts ;
- passages faibles ;
- coupures ;
- certaines anomalies visibles.
Mais une forme d'onde ne remplace jamais l'écoute.
Deux morceaux visuellement similaires peuvent sonner très différemment.
Zoomer jusqu'au détail
Un éditeur audio spécialisé permet d'observer le signal avec beaucoup de précision.
On peut zoomer autour :
- d'un clic ;
- d'une coupe ;
- d'une attaque ;
- d'un défaut.
Cette précision est l'une des différences entre un environnement spécialisé et un simple lecteur audio.
Édition destructive et non destructive
Il faut comprendre une distinction fondamentale.
Édition destructive
Le fichier audio lui-même est modifié.
Édition non destructive
Le logiciel conserve le fichier source et mémorise les opérations à effectuer.
Les deux approches peuvent être utiles selon le travail.
L'Audio Montage
L'une des fonctions centrales de WaveLab est l'Audio Montage.
Le montage permet d'assembler plusieurs clips audio sur des pistes.
Il fonctionne de manière non destructive.
Le fichier original reste donc intact pendant les opérations réalisées sur les clips.
Pourquoi l'Audio Montage est important ?
Imaginons un album de dix morceaux.
On possède :
Track 01.wav
Track 02.wav
Track 03.wav
jusqu'à :
Track 10.wav
Les morceaux peuvent être importés dans un montage.
On peut alors travailler l'album comme un ensemble.
Le mastering d'album
Masteriser un album ne consiste pas simplement à traiter dix fichiers séparément.
Il faut également écouter leur relation.
Par exemple :
le morceau 2 semble-t-il beaucoup plus fort que le morceau 1 ?
Le morceau 5 possède-t-il trop de graves ?
Le morceau 8 paraît-il beaucoup plus brillant ?
Les transitions sont-elles cohérentes ?
Le mastering d'album cherche une continuité.
L'ordre des morceaux
L'ordre influence énormément l'expérience.
Un album peut commencer avec un morceau puissant.
Ou progressivement.
Une piste calme peut préparer un titre plus énergique.
WaveLab permet de travailler directement avec cette succession.
Les espaces entre les titres
Le silence entre deux morceaux n'est pas un simple détail.
Un espace de :
0,5 seconde
ne produit pas la même sensation qu'un espace de :
4 secondes.
Certaines transitions doivent même être continues.
Le mastering d'un album comprend donc aussi le rythme entre les titres.
Crossfades
Deux clips peuvent se chevaucher avec un crossfade.
Le premier disparaît progressivement.
Le second apparaît.
Cela permet de créer une transition continue.
Cette méthode peut être utile pour :
- albums live ;
- DJ mixes ;
- ambiances ;
- concepts albums ;
- concerts.
Fades
Un fade-in fait progressivement apparaître le son.
Un fade-out le fait disparaître.
Ces opérations semblent simples.
Mais sur un master, leur précision est importante.
Une fin trop brutale peut produire une sensation désagréable.
Un fade trop long peut également modifier l'intention musicale.
Effets par clip
Dans un montage, certains traitements peuvent être associés à un clip particulier.
Par exemple :
Track 01 → EQ spécifique
Track 02 → correction différente
Cela permet d'adapter chaque morceau.
Effets par piste
On peut également travailler à un niveau plus global selon l'organisation du montage.
Cette architecture permet de séparer :
corrections individuelles
et
traitement général.
La Master Section
WaveLab dispose d'un environnement de traitement destiné au signal final.
Une chaîne de mastering peut contenir plusieurs processeurs.
Par exemple :
EQ
↓
Compression
↓
Saturation légère
↓
Limiter
↓
Dither
L'ordre dépend du projet.
Il n'existe pas une chaîne universelle valable pour tous les morceaux.
L'égalisation
L'EQ permet de modifier l'équilibre fréquentiel.
On peut travailler sur :
- graves ;
- bas médiums ;
- médiums ;
- aigus.
Au mastering, les corrections sont souvent plus subtiles qu'au mixage.
Une variation de quelques décibels peut déjà transformer fortement le résultat.
Ne pas masteriser avec les yeux
Un analyseur peut montrer beaucoup d'informations.
Mais il ne doit pas décider à la place de l'écoute.
Une bosse dans le spectre n'est pas automatiquement un défaut.
Elle peut faire partie du caractère du morceau.
L'analyse doit confirmer une décision auditive, pas la remplacer systématiquement.
Compression
Un compresseur réduit ou contrôle la dynamique selon différents paramètres.
Il peut contribuer à :
- stabiliser le signal ;
- rapprocher certains éléments ;
- modifier la sensation de punch ;
- contrôler certains passages.
Au mastering, une compression excessive peut rapidement détruire la dynamique.
Limiter
Le limiteur contrôle les crêtes les plus élevées et peut permettre d'augmenter le niveau perçu.
Mais pousser excessivement le limiteur peut entraîner :
- distorsion ;
- perte de transitoires ;
- fatigue ;
- diminution de la dynamique.
Un master plus fort n'est pas automatiquement meilleur.
Loudness
Le loudness cherche à représenter le niveau sonore perçu de manière plus pertinente qu'un simple peak.
Des mesures basées sur les LUFS sont aujourd'hui très importantes pour :
- streaming ;
- broadcast ;
- comparaison de masters.
WaveLab possède des outils adaptés à l'analyse du loudness.
LUFS
LUFS signifie Loudness Units relative to Full Scale.
Cette mesure permet d'évaluer le niveau sonore perçu sur différentes périodes.
On peut notamment rencontrer des notions comme :
Integrated Loudness
Short-Term Loudness
Momentary Loudness
Elles décrivent différentes fenêtres d'analyse.
Integrated Loudness
L'Integrated Loudness considère le programme sur une durée importante.
Il est particulièrement utile pour caractériser le niveau global d'un morceau.
Cela permet de comparer plus intelligemment deux masters que simplement en observant leur peak maximal.
True Peak
Le True Peak cherche à mieux représenter les crêtes susceptibles d'apparaître lors de la reconstruction du signal.
Un fichier peut ne pas atteindre 0 dBFS sur ses samples tout en produisant des crêtes plus élevées lors de sa conversion en signal continu.
C'est pourquoi le True Peak est important pour la livraison numérique.
Normalisation
La normalisation peut ajuster le niveau selon un objectif défini.
Mais il faut distinguer plusieurs concepts.
Une normalisation de peak n'est pas la même chose qu'une normalisation de loudness.
L'une se base principalement sur le niveau maximal.
L'autre prend en compte une estimation de la perception sonore.
Pourquoi les plateformes normalisent-elles ?
Les services de streaming peuvent appliquer leurs propres systèmes de normalisation de lecture.
L'objectif est notamment d'éviter qu'un morceau soit énormément plus fort qu'un autre.
Cela a changé la manière dont on réfléchit à la course au volume.
Écraser totalement la dynamique pour gagner quelques décibels n'offre plus nécessairement l'avantage espéré.
Le spectre
Un analyseur spectral montre la distribution de l'énergie selon les fréquences.
On peut observer :
sub
graves
médiums
aigus
Cela aide à détecter certains déséquilibres.
Spectrogramme
Un spectrogramme ajoute une dimension temporelle.
Il permet de voir comment les fréquences évoluent dans le temps.
Il peut être particulièrement utile pour :
- bruit ;
- sifflement ;
- clic ;
- résonance ;
- restauration.
Un défaut difficile à repérer dans une waveform peut devenir évident dans une représentation spectrale.
Restauration audio
WaveLab peut également être utilisé dans des workflows de restauration.
L'objectif peut être de réduire ou corriger certains défauts :
- clics ;
- bruits ;
- problèmes ponctuels ;
- niveaux irréguliers.
La restauration doit néanmoins rester prudente.
Supprimer trop agressivement du bruit peut également supprimer une partie du signal utile.
MasterRig
WaveLab Pro intègre des outils spécialisés destinés au mastering.
L'idée est de disposer de modules adaptés au traitement final.
Selon la version, différentes fonctions permettent de travailler sur :
- égalisation ;
- dynamique ;
- saturation ;
- imaging ;
- limitation.
L'intérêt est de construire une chaîne cohérente dans l'environnement de mastering.
Multibande
Un traitement multibande divise le spectre en plusieurs zones.
Par exemple :
Low
Low-Mid
High-Mid
High
Chaque bande peut recevoir un traitement différent.
Cela peut être puissant.
Mais également dangereux.
Un mauvais réglage peut complètement déséquilibrer le morceau.
Stereo Imaging
Le mastering peut également intervenir sur l'image stéréo.
On peut analyser la relation entre gauche et droite.
Il faut toutefois rester prudent.
Un élargissement excessif peut créer des problèmes :
- phase ;
- compatibilité mono ;
- centre affaibli.
Corrélation de phase
Un indicateur de corrélation aide à comprendre la relation entre les canaux.
C'est particulièrement utile lorsqu'un traitement stéréo important est appliqué.
Un master doit idéalement rester robuste dans différentes conditions de lecture.
Mono
Même aujourd'hui, la compatibilité mono reste importante.
Certaines enceintes intelligentes, téléphones, installations commerciales ou systèmes particuliers peuvent réduire fortement la séparation stéréo.
Un élément qui disparaît complètement en mono peut donc poser problème.
Dithering
Le dithering intervient notamment lors de certaines réductions de résolution numérique.
Par exemple :
24 bits → 16 bits
Un très faible bruit contrôlé peut être ajouté pour réduire certains artefacts liés à la quantification.
Le dithering doit généralement être appliqué au moment approprié dans la chaîne.
Ne pas dither plusieurs fois inutilement
Si un fichier doit encore subir de nombreux traitements, il n'est généralement pas pertinent de multiplier les étapes de dithering.
On réserve normalement cette opération à une conversion finale de profondeur de bits lorsque celle-ci est nécessaire.
Sample Rate
La fréquence d'échantillonnage décrit le nombre d'échantillons utilisés chaque seconde.
On rencontre couramment :
44,1 kHz
48 kHz
96 kHz
ou d'autres valeurs.
La fréquence finale dépend de la destination.
Conversion de fréquence
Un master peut devoir être converti.
Par exemple :
un projet travaillé à 96 kHz peut devoir produire une version à une autre fréquence.
Cette conversion doit être réalisée proprement.
WaveLab dispose d'outils adaptés aux workflows de resampling.
Bit Depth
La profondeur de bits est une autre caractéristique du PCM.
On rencontre notamment :
16 bits
24 bits
32-bit float
Le choix dépend de l'étape de production et de la destination.
32-bit float
Les formats flottants sont particulièrement pratiques pendant la production et le traitement.
Ils offrent une marge de calcul importante.
Mais le fichier final destiné à une plateforme ou à un support spécifique peut nécessiter une autre configuration.
Le master n'est pas forcément un seul fichier
Un même projet peut produire plusieurs versions.
Par exemple :
Master WAV haute résolution
Master WAV standard
MP3
FLAC
version instrumentale
version radio
WaveLab peut servir à organiser ces différentes sorties.
Le rendu
Lorsque le traitement est terminé, le projet doit être rendu.
Le rendu applique les opérations nécessaires et crée les fichiers finaux.
Dans un Audio Montage, WaveLab peut rendre :
- montage complet ;
- titre ;
- plusieurs titres ;
- pistes ;
- régions ;
- stems selon la configuration.
Rendre plusieurs titres
Pour un album, il est particulièrement pratique de générer plusieurs fichiers à partir du même montage.
Chaque titre peut être exporté séparément tout en conservant la logique générale du projet.
Cela réduit les opérations manuelles.
Les conventions de nommage
Un catalogue musical doit conserver une logique.
Par exemple :
01-Nom-Album-Titre.wav
02-Nom-Album-Titre.wav
Un système cohérent facilite :
- archivage ;
- livraison ;
- automatisation ;
- sauvegarde.
WaveLab permet de travailler avec des systèmes de nommage lors des rendus.
Les métadonnées
C'est un domaine particulièrement intéressant de WaveLab.
Un fichier audio ne contient pas uniquement du son.
Il peut également contenir des informations décrivant son contenu.
Par exemple :
- titre ;
- artiste ;
- album ;
- auteur ;
- année ;
- genre ;
- numéro de piste ;
- illustration ;
- informations techniques.
Métadonnées MP3
Pour les fichiers MP3, WaveLab prend notamment en charge les métadonnées ID3.
Elles peuvent contenir les informations affichées dans de nombreux lecteurs.
Par exemple :
Title
Artist
Album
Track
Artwork
Un fichier MP3 correctement documenté est beaucoup plus facile à gérer dans un catalogue.
ID3v1 et ID3v2
Les métadonnées MP3 ont évolué.
ID3v2 permet de stocker beaucoup plus d'informations que les anciens tags ID3v1.
Il peut également intégrer une image.
Pour une bibliothèque musicale moderne, les tags deviennent une véritable petite base de données attachée au fichier.
Pochette intégrée
Une image peut être intégrée dans certaines métadonnées.
Ainsi, lorsqu'un lecteur ouvre le morceau, la pochette peut être affichée.
Il faut néanmoins distinguer :
image intégrée dans le fichier
et
image récupérée depuis une plateforme externe.
Les deux mécanismes ne sont pas identiques.
Métadonnées WAV
Le WAV peut lui aussi contenir différents types de métadonnées.
WaveLab prend notamment en charge plusieurs structures destinées à différents environnements professionnels.
On rencontre par exemple :
- RIFF ;
- BWF ;
- iXML ;
- aXML ;
- CART ;
- ID3 selon les usages.
Cela explique pourquoi WaveLab est intéressant au-delà de la simple production musicale.
BWF
BWF signifie Broadcast Wave Format.
Il étend le WAV avec des informations adaptées aux environnements professionnels et broadcast.
On peut y associer différentes données techniques ou d'identification.
Pour l'archivage et les workflows professionnels, ces informations peuvent être extrêmement importantes.
Métadonnées et catalogue musical
Pour un label ou un catalogue important, les métadonnées doivent être considérées comme une partie du master.
Le fichier audio doit idéalement être identifiable même lorsqu'il est séparé de son dossier original.
Un bon workflow peut donc préparer :
Audio
Nom de fichier
Tags
Pochette
Informations de catalogue
Traitement par lots
Imaginez 500 fichiers.
Modifier manuellement chacun d'eux serait extrêmement long.
Un système de traitement par lots permet d'appliquer certaines opérations à toute une série de fichiers.
C'est particulièrement utile pour :
- conversion ;
- normalisation ;
- métadonnées ;
- traitements répétitifs ;
- création de versions.
Batch Processor
WaveLab Pro possède un environnement de traitement par lots.
Le principe est simple :
Fichiers source
↓
Chaîne de traitement
↓
Règles
↓
Fichiers de destination
Une opération répétitive devient automatisable.
Convertir un catalogue
Imaginons un catalogue master en WAV.
On souhaite créer une collection dans un autre format.
Au lieu d'ouvrir chaque fichier individuellement, un traitement par lots peut accélérer considérablement l'opération.
Il faut évidemment vérifier les réglages avant de traiter toute la bibliothèque.
Toujours tester sur quelques fichiers
Avant un batch de plusieurs milliers de morceaux :
testez deux ou trois fichiers.
Vérifiez :
- format ;
- niveau ;
- tags ;
- noms ;
- dossier de destination.
Une erreur automatisée est beaucoup plus rapide qu'une erreur manuelle.
Et c'est justement le problème.
Sauvegarder les originaux
Un traitement massif ne devrait pas détruire la seule copie des masters.
Conservez :
MASTER ORIGINAL
et créez :
VERSION TRAITÉE
La capacité de revenir à la source est essentielle.
Analyse de fichiers
WaveLab peut également analyser les fichiers pour obtenir différentes informations.
Cela permet de contrôler techniquement un master avant livraison.
On peut vérifier différents aspects liés :
- au niveau ;
- aux crêtes ;
- au loudness ;
- au signal.
L'analyse technique complète l'écoute critique.
Comparaison A/B
Le mastering nécessite constamment de comparer.
Avant
contre
Après
Mais il faut faire attention au niveau.
Une version légèrement plus forte paraît souvent meilleure lors d'une comparaison rapide.
Il faut donc essayer de comparer à niveau perçu comparable.
Références
Une piste de référence peut aider à situer le master.
On peut comparer :
- équilibre spectral ;
- dynamique ;
- largeur ;
- niveau ;
- caractère.
La référence ne doit pas être copiée aveuglément.
Elle sert de point de comparaison.
Un master pour le streaming
Pour une distribution numérique, il faut préparer un fichier propre et cohérent.
Les plateformes peuvent ensuite :
- encoder ;
- convertir ;
- normaliser ;
- distribuer.
Le rôle du mastering est de fournir une source de qualité suffisamment robuste pour ces transformations.
Ne pas fabriquer uniquement pour un chiffre
Il peut être tentant de chercher :
le LUFS parfait
Mais la musique doit rester prioritaire.
Le niveau adapté dépend :
- du genre ;
- de la dynamique ;
- du mix ;
- de l'intention.
Un morceau acoustique et un titre techno n'ont pas nécessairement besoin du même comportement dynamique.
Master pour téléchargement
Un catalogue de téléchargement peut proposer plusieurs formats.
Par exemple :
WAV
pour une version PCM.
FLAC
pour une compression sans perte.
MP3
pour une version compacte et largement compatible.
Chaque fichier peut dériver du même master validé.
Master MP3
Le MP3 est un format avec compression avec pertes.
Il ne devrait donc généralement pas être la source unique du mastering lorsqu'un master PCM de meilleure qualité est disponible.
Une logique plus saine est :
Master WAV
↓
Encodage MP3
Le master non compressé reste archivé.
Master FLAC
FLAC utilise une compression sans perte.
Le fichier peut donc être réduit sans utiliser le même principe destructif que le MP3.
C'est particulièrement intéressant pour distribuer une version de haute qualité tout en économisant de l'espace.
Préparation d'un CD audio
WaveLab conserve également des outils adaptés à la préparation de CD audio.
Même si le streaming domine aujourd'hui une grande partie de la distribution, le CD reste utilisé pour :
- éditions physiques ;
- archives ;
- petites séries ;
- collections.
Red Book
Le terme Red Book désigne les spécifications associées au CD audio.
Un projet destiné à la fabrication doit respecter certaines contraintes.
WaveLab peut vérifier la conformité d'un projet CD avant sa sortie.
DDP
Le DDP, ou Disc Description Protocol, est particulièrement important pour la fabrication professionnelle de CD.
Au lieu d'envoyer simplement plusieurs WAV séparés, on peut fournir une image DDP décrivant précisément le disque.
Elle peut inclure notamment :
- audio ;
- ordre ;
- transitions ;
- informations nécessaires à la fabrication.
Pourquoi utiliser DDP ?
Le DDP réduit les ambiguïtés.
Le fabricant reçoit une représentation structurée du master CD.
Cela évite de devoir reconstruire manuellement :
Track 1
pause
Track 2
pause
etc.
Pour une fabrication physique professionnelle, c'est un format très utile.
Vérifier le DDP
Avant livraison, il faut écouter et contrôler :
- début des titres ;
- fin des titres ;
- transitions ;
- ordre ;
- informations ;
- absence de défaut.
Le master livré doit être considéré comme définitif.
CD-Text
Selon le workflow de production, différentes informations peuvent accompagner le projet CD.
Il faut cependant distinguer les métadonnées d'un fichier numérique des informations spécifiques au disque physique.
Un MP3 avec ID3 et un CD audio ne fonctionnent pas de la même manière.
Mastering d'un single
Pour un single, le workflow peut être relativement simple.
1. Importer le mix
2. Écouter
3. Analyser
4. Corriger si nécessaire
5. Contrôler dynamique et loudness
6. Limiter si nécessaire
7. Vérifier True Peak
8. Créer le master
9. Ajouter les métadonnées appropriées
10. Générer les formats de distribution
Mastering d'un album
Pour un album :
1. Importer tous les mixes
2. Définir l'ordre
3. Écouter les transitions
4. Comparer les niveaux
5. Comparer les couleurs tonales
6. Traiter individuellement les titres
7. Vérifier la cohérence globale
8. Définir les espaces
9. Ajouter les informations de titres
10. Générer les masters
11. Générer éventuellement le DDP
12. Archiver le projet
Le mastering devient alors une étape éditoriale autant que technique.
WaveLab pour un label
Pour un label possédant beaucoup de morceaux, WaveLab peut devenir particulièrement intéressant.
Le travail ne concerne plus uniquement :
un morceau
mais :
un catalogue.
Il faut gérer :
- masters ;
- versions ;
- métadonnées ;
- formats ;
- archives ;
- conversions.
Les fonctions de batch prennent alors beaucoup plus de valeur.
Créer un master source
Une stratégie de catalogue peut consister à conserver un master principal de haute qualité.
Par exemple :
MASTER / WAV
Puis générer les dérivés :
MP3
FLAC
autres versions nécessaires
L'idée est de ne jamais reconstruire une version de qualité à partir d'un fichier déjà fortement compressé.
Le principe des générations
Prenons :
WAV original
↓
MP3
Puis :
MP3
↓
nouveau MP3
La seconde compression peut ajouter de nouvelles pertes.
Il est préférable de repartir du master.
Donc :
MASTER → chaque format
et non :
MASTER → format A → format B → format C
Archivage
Un bon mastering doit se terminer par un bon archivage.
Conservez :
- mix original ;
- master ;
- projet WaveLab ;
- presets nécessaires ;
- informations ;
- pochette ;
- métadonnées ;
- versions distribuées.
Dans plusieurs années, vous devez pouvoir comprendre ce qui a été livré.
Nommer les masters
Évitez :
final.wav
final2.wav
final-ok.wav
final-vraiment-ok.wav
Une convention plus précise est préférable.
Par exemple :
Artist-Album-Track-MASTER-24bit.wav
ou une convention interne au label.
L'important est qu'elle soit systématique.
Versioning
Lorsqu'une modification est nécessaire :
MASTER-V01
MASTER-V02
peut être beaucoup plus clair qu'écraser l'ancien fichier.
On peut alors retrouver l'historique.
Contrôle qualité
Avant publication, effectuez un véritable QC, ou contrôle qualité.
Écoutez :
début
fin
passages calmes
passages forts
transitions
Vérifiez :
nom
format
durée
métadonnées
pochette
niveau
absence de clipping indésirable
Le dernier contrôle évite énormément de problèmes.
Écouter sur plusieurs systèmes
Un master peut être contrôlé sur :
- moniteurs ;
- casque ;
- enceintes ordinaires ;
- smartphone ;
- voiture.
L'objectif n'est pas d'obtenir exactement le même son partout.
C'est impossible.
Il faut obtenir un résultat qui reste musicalement cohérent.
L'oreille reste l'outil principal
WaveLab peut afficher énormément de données.
Spectre.
Waveform.
Loudness.
True Peak.
Phase.
Métadonnées.
Mais aucun graphique ne peut décider si un morceau transmet correctement son émotion.
La technologie sert la décision artistique.
WaveLab n'est pas un bouton « Master »
Le mastering n'est pas :
Importer → Preset → Exporter
Un preset peut constituer un point de départ.
Mais chaque morceau possède :
- un mix différent ;
- une dynamique différente ;
- une instrumentation différente ;
- une destination différente.
Le mastering nécessite donc une écoute et des décisions.
WaveLab et Cubase
Les deux logiciels Steinberg sont complémentaires.
On peut imaginer :
Cubase
Composition → Enregistrement → Mixage
puis :
WaveLab
Mastering → Métadonnées → Album → Livraison
Cette séparation permet de disposer d'un environnement spécialisé pour chaque étape.
Peut-on masteriser dans un DAW classique ?
Oui.
Un excellent master peut être réalisé dans de nombreux DAW.
WaveLab n'est pas obligatoire.
Son intérêt vient surtout de son environnement spécialisé :
- édition précise ;
- Audio Montage ;
- analyse ;
- métadonnées ;
- batch ;
- album ;
- DDP ;
- rendu.
Lorsqu'on gère beaucoup de masters, ces outils peuvent accélérer considérablement le travail.
WaveLab Elements ou WaveLab Pro ?
Steinberg propose différentes éditions de WaveLab.
Les fonctions disponibles ne sont pas identiques.
Elements vise un ensemble plus accessible de fonctions d'édition et de mastering.
Pro possède l'environnement le plus complet, notamment pour les workflows professionnels avancés.
Il faut donc vérifier la comparaison officielle correspondant à la version actuelle avant de choisir.
Un workflow simple pour débuter
Pour découvrir WaveLab :
1. Exporter un mix WAV depuis son DAW
2. Ouvrir le fichier dans WaveLab
3. Observer la waveform
4. Écouter entièrement
5. Analyser le niveau
6. Ajouter une correction EQ légère si nécessaire
7. Tester la dynamique
8. Contrôler le limiteur
9. Vérifier le loudness
10. Comparer avant/après
11. Ajouter les métadonnées
12. Rendre un nouveau WAV
13. Créer un MP3
14. Réécouter les fichiers exportés
Ce petit exercice permet déjà de comprendre la logique du logiciel.
Puis passer à l'album
Une fois le single maîtrisé :
créez un Audio Montage.
Importez plusieurs titres.
Travaillez :
ordre
espaces
fades
niveau relatif
cohérence
métadonnées
Puis générez les fichiers.
On comprend alors réellement pourquoi WaveLab est différent d'un simple éditeur audio.
Du studio à la distribution
WaveLab occupe une position particulière dans la chaîne musicale.
Il ne cherche pas nécessairement à être l'endroit où naît la mélodie.
Il devient l'endroit où la production est finalisée.
Le morceau arrive comme un mix.
Il est contrôlé.
Analysé.
Édité.
Masterisé.
Documenté.
Encodé.
Puis archivé ou livré.
Le workflow peut donc être résumé ainsi :
Mix final
↓
WaveLab
↓
Édition
↓
Analyse
↓
Mastering
↓
Loudness / True Peak
↓
Audio Montage
↓
Métadonnées
↓
WAV / FLAC / MP3 / DDP
↓
Distribution et archivage
C'est cette position de dernière étape qui fait de WaveLab un excellent logiciel pour conclure un parcours consacré aux outils de production musicale.
Après avoir appris à composer, enregistrer, séquencer, sampler, mixer et travailler avec des Trackers, il reste une dernière question :
Comment transformer tout ce travail en un master propre, identifié et prêt à être distribué ?
C'est précisément là que WaveLab prend tout son sens.
Sources officielles
WaveLab Pro 13 prend en charge ID3v1/ID3v2 avec image pour le MP3, et pour WAV notamment RIFF, BWF, iXML, aXML, CART et ID3. Il sait aussi générer une image DDP depuis un Audio Montage pour une livraison CD professionnelle.
Documentation officielle WaveLab 13 — Steinberg
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Kontakt est un sampler logiciel développé par Native Instruments et utilisé pour lire, organiser et créer des instruments virtuels à partir d'échantillons audio. Pianos, batteries, cordes, cuivres, guitares, instruments acoustiques, textures cinématiques et créations expérimentales peuvent être regroupés dans des bibliothèques jouables depuis un clavier MIDI. Kontakt ne se limite cependant pas à lire des samples : mapping, vélocité, Round Robin, groupes, modulation, effets et scripts permettent de transformer une collection d'enregistrements en véritable instrument numérique expressif.
Serato DJ Pro est un logiciel destiné aux DJs qui souhaitent organiser leur bibliothèque musicale, préparer leurs morceaux, synchroniser les tempos, créer des points Cue, utiliser des boucles, appliquer des effets et mixer avec du matériel compatible. Le logiciel intègre également des fonctions comme les Stems, permettant d'isoler certains éléments d'un morceau, ainsi que l'enregistrement de mix, le Sampler, le MIDI mapping et différents modes de contrôle avec du matériel DJ. Voici comment fonctionne Serato DJ Pro et comment préparer un set cohérent de la bibliothèque jusqu'à la performance.
Les plugins VST permettent d'ajouter des instruments virtuels et des effets audio à un logiciel de production musicale. Un synthétiseur, une batterie virtuelle, un égaliseur, une reverb ou un compresseur peuvent ainsi fonctionner directement dans un DAW compatible. Développée à l'origine par Steinberg, la technologie VST est devenue l'un des standards majeurs de la MAO. Comprendre la différence entre un instrument et un effet, le rôle du format VST3 et la manière dont les plugins communiquent avec le logiciel hôte permet de mieux construire son studio numérique.
Melodyne est un logiciel d'édition audio développé par Celemony qui permet d'analyser le contenu musical d'un enregistrement et de travailler directement sur ses notes. Une voix, une basse ou certains instruments peuvent ainsi être corrigés ou transformés en agissant sur la hauteur, le timing, la durée et différentes caractéristiques de l'interprétation. Grâce à son approche visuelle par notes et à son intégration dans de nombreux logiciels via ARA, Melodyne est devenu un outil important pour l'édition vocale et la production musicale moderne.
Studio One Pro est une station de travail audio numérique développée par PreSonus pour composer, enregistrer, éditer, mixer et finaliser de la musique. Son interface met fortement l'accent sur un workflow rapide basé notamment sur le glisser-déposer. Audio, MIDI, instruments virtuels, effets, automation, arrangement et mastering peuvent ainsi être réunis dans un même environnement. Studio One propose également des outils comme la Chord Track, l'Arranger Track et une page Project consacrée à la préparation et au mastering d'un ensemble de morceaux.
Cubase est une station de travail audio numérique développée par Steinberg pour la composition, l'enregistrement, l'édition et le mixage musical. Le logiciel permet de travailler avec de l'audio, du MIDI, des instruments virtuels, des effets et des automations dans un même projet. De l'enregistrement d'une voix à la programmation d'un synthétiseur, jusqu'au mixage dans la MixConsole et à l'export final, Cubase propose un environnement particulièrement complet pour produire de la musique.
Audacity est un logiciel gratuit et open source consacré à l'enregistrement et à l'édition audio. Il permet d'enregistrer une voix ou une source externe, découper un fichier, supprimer des passages inutiles, ajuster le niveau sonore, réduire certains bruits, appliquer des effets et exporter le résultat dans différents formats. Accessible sur Windows, macOS et Linux, Audacity constitue un excellent outil pour découvrir le traitement audio et réaliser rapidement des podcasts, voix, samples, numérisations ou montages sonores.
Logic Pro est la station de travail audio professionnelle d'Apple pour Mac. Elle permet d'enregistrer et d'éditer de l'audio et du MIDI, de programmer des instruments virtuels, d'utiliser des boucles, d'arranger et mixer des morceaux, puis de préparer leur diffusion. Avec ses outils comme Live Loops, Session Players, Flex Time, Flex Pitch et ses fonctions de mastering et d'audio spatial, Logic Pro propose un environnement complet allant de la première idée musicale au morceau final.